Résumé
Les Carri, à quoi ressemblaient-ils ? Étaient-ils des activistes, des révolutionnaires, des héros ? Pourquoi et comment ont-ils disparu ? C’est à ces questions que tente de répondre la réalisatrice, qui n’avait que trois ans quand ses parents ont été kidnappés et assassinés pendant la dernière dictature militaire en 1977. Soucieuse de traiter ce sujet personnel avec la distance qui lui paraît souhaitable, elle a choisi de faire dialoguer documentaire et fiction, mêlant témoignages et scènes reconstituées.
L'avis de Tënk
La réalisatrice Albertina Carri est une figure incontournable du cinéma argentin. Artiste provocatrice et transgressive, son cinéma hors normes explore des genres qui vont de l’animation au porno.
En 2003, 20 ans après la fin de la dictature, au moment où le point de vue des enfants des disparus émerge, Albertina Carri décide d’évoquer son histoire familiale à partir de l’impossibilité de représenter l’absence. Le processus de réalisation fait partie de son récit, tout comme une réflexion autour des soutiens de l'État pour financer le film, qui devait répondre à certains critères formels pour évoquer la mémoire. Los rubios transgresse ces exigences et se sert de la fiction, du documentaire et de l’animation pour proposer une forme très radicale et subjective, à contre-courant des documentaires de l’époque, dans lesquels elle ne se reconnaissait pas. Un film devenu emblématique, qui a ouvert les portes à de nouvelles formes de représentation de la mémoire.
Francisca Lucero
Programmatrice