Résumé
L’Extrême-Nord du Cameroun, frontalier du Nigeria, menacé par des incursions terroristes meurtrières, vit sous protection militaire. Dans le village de Kolofata, Mohamed, Ibrahim et Falta, victimes indirectes de Boko Haram, tentent de s’inventer un avenir. De l’école à la garde des troupeaux, la caméra de Cyrielle Raingou saisit l’indéfectible vitalité de ces enfants.
L'avis de Tënk
Chaque geste, chaque silence semble chargé d'un poids invisible. À hauteur d'enfant, où l'innocence cohabite avec la peur, le moindre détail devient un langage à part entière. La tension est là, elle existe, presque invisible, et sourde, omniprésente. L'horreur aussi est là mais ils essayent de la contrarier avec des histoires d'enfants. Comme si leur enfance devenait un outil de résistance : l'une d'entre eux est une véritable petite cheffe, elle mène avec poigne les garçons, un autre est plus timide et suit tel une ombre sa grande sœur et cela tout en continuant à aider dans les tâches domestiques. Ils restent et persistent à être des enfants. Ici, l'horreur se devine plus qu'elle ne s'exhibe. Le Spectre de Boko Haram nous touche autant par sa pudeur que par sa justesse.
Line Peyron
Responsable de la production et co-directrice artistique de Tënk