Résumé
Le matin tôt dans un restaurant diner de Montréal : du café filtre, du bacon, du pain doré, des histoires d’éveil, des solitudes en partage. Des silences, des regards, une rencontre et la promesse d’une journée flambant neuve. Un restaurant aux allures de refuge, où s’invite malgré tout le chaos du monde, capturé avec douceur et amour pour ses personnages.
L'avis de Tënk
Avant d’être le titre d’un documentaire, La journée qui s’en vient est flambant neuve est celui d’un morceau. Mais qu’il s’agisse du film tourné en super 8 dans deux « diners » montréalais, ou des mélodies folk lo-fi des québécois d’Avec pas d’casque (oui, oui, ceci est bien le nom du groupe), il y a toujours un même tempérament. Une attention au quotidien et à ce qui passe, comme à ce qui résiste et revient dans l’égrènement des jours. De l’exceptionnel d’une éclipse solaire au trivial d’œufs au bacon, de l’actualité d’une manifestation en soutien aux femmes iraniennes à l’inactualité d’une toupie que l’on fait tourner sur la table dans l’attente de son plat, Jean-Baptiste Mees capte avec sensibilité le temps qui passe. Dans ces restos populaires charriant tout un imaginaire cinématographique, les client·es se croisent et nous approchons à travers leurs gestes comme leurs échanges l’infinie mélancolie des jours qui filent – avec l’espoir, après tout pourquoi pas, que ça ira mieux demain.
Caroline Châtelet
journaliste, critique dramatique